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Le fonctionnement d'un leurre

 

 Plusieurs composantes  

Tous les paramètres d'un leurre doivent répondre à des besoins précis du pécheur en action. C'est ce que nous abordons ici point après point : nous ne faisons pas une simple description de toutes les caractéristiques des leurres, mais nous donnons des exemples concrets d'utilisation de ces caractéristiques.

La nage

Chaque leurre fonctionne sur le principe de base d'un effet d'optique : un peu comme quand on s'amuse à "tordre" ou rendre mou un stylo bic en le faisant osciller. En fonction de la taille et de la forme du leurre et de sa bavette il faut trouver la bonne vitesse pour obtenir l'effet d'optique de l'ondulation : votre leurre dur sera alors aussi efficace que le plus mou des leurres souples ! Généralement plus le leurre est grand plus il faut aller doucement. A vous de faire le test dans une eau claire !

La flottabilité : pour quoi faire ?

Un leurre est lesté par des billes et allégé par l'air qu'il contient. le rapport entre les deux permet d'obtenir trois types de leurres : flottants, en suspension (suspending) ou  coulants. Cela répond à des besoins précis, en fonction des postes. Si vous travaillez en secteur rocheux, un leurre flottant vous permettra de faire remonter le leurre pour ne pas accrocher. Avec un leurre en suspension vous pourrez faire des arrêts assez long, la nage restera naturelle. Un coulant sera bien pratique pour travailler dans une couche d'eau profonde, ou encore lorsqu'on pêche depuis une hauteur importante pouvoir faire travailler son leurre jusqu'au bord en le laissant couler de temps en temps.

Les hameçons

De bons hameçons constituent une aide précise dans la réussite du ferrage. Personnellement je me risque à les tester simplement en passant ma main dessus, (sans me blesser !) et je sens les différences d'hameçons d'un leurre à l'autre : ça pique pas pareil !

Au nombre de un, deux (le plus courant) ou trois, les triples sont indispensables au leurre pour multiplier les chances de piquer le poisson. Il ne faut pas les enlever, les prédateurs peuvent attaquer un point précis du leurre !

L'aérodynamisme arrière

La pénétration dans l'air sera plus ou moins efficace en fonction de l'aérodynamisme arrière du leurre : en effet lors du lancer c'est la partie arrière du leurre, qui est lesté grâce aux billes qui se déplacent à l'intérieur. Un leurre assez pointu et allongé fendra mieux l'air qu'un leurre rond et courbe, à poids égal.

 

Les deux leurres si contre atteignent la même distance : l'un est plus pointu mais l'autre est plus linéaire et sans bavette : les leurres de surfaces se lancent très bien du fait de l'absence de bavette.

L'oeil

Parmi les détails "décoratifs" attribués aux leurres, celui-ci est le plus constant et présent sur tous les poissons nageurs. Est-ce pour autant important pour les prédateurs ? Ne peut-on pas se demander comment ils feraient pour voir les yeux et pas les hameçons qui sont carrément plus gros ? D'autre part les yeux sur les leurres sont souvent légèrement orienté vers le haut : pourquoi ? Les prédateurs attaquent souvent pas dessous ! Peut-être pour que les yeux soient plus visibles du pêcheur consommateur que du prédateur ?

La nageoire dorsale, les ouïes

Hormis le réalisme remarquable qu'elle constitue, étant orientée vers le haut, la nageoire dorsale sera peu admirée par les prédateurs attaquant par le bas. En revanche elle est utile, dans plusieurs cas de figure : 

- stabilisation du leurre lors du lancer

- création d'un filet d'écume lorsque le leurre est ramené sous l'eau avec une certaine vitesse.

Les ouïes quant à elles si elles sont bien dégagées seront être plus vues par le bas et donc remarquées des prédateurs peut-être ? Elles créeront en tout cas des filets d'écume imitant un poisson en difficulté

La couleur et la taille

Voici deux points importants : ces deux paramètres vont permettre d'assimiler les leurres au poisson fourrage. Il faut se rapprocher de la taille du poissons fourrage et de sa couleur. Comme tous les poissons pratiquement ont une robe qui évolue en fonction de la luminosité, des fonds et de l'environnement, il faudra faire comme eux et imiter les couleurs environnantes :  grand ciel bleu, leurre dans les tons bleus. Temps gris, leurre gris. Un couché de soleil rougeoyant, leurre dans les orangers, rouges ou roses, etc.

Les bavettes

 

De différentes formes elles vont directement influencer :

- la hauteur d'eau de travail du leurre (juste sous la surface, en pleine eau, ou au fond)

- la nage plus ou moins serrée du leurre

- la tenue du leurre dans la houle

 

Sur la photo, à gauche : fortes ondulations, 1m sous la surface. Au milieu ; nage serrée, juste sous la surface. A droite : ondulations, bonne tenue dans la houle, 2 m sous la surface

Les billes

Elles servent à lester les leurres, mais quand elles bougent et se cognent entre elles elles créent des sons imitant le froissement de l'eau par un poisson. Il existe plusieurs tailles de billes qui donnent donc plusieurs sons plus ou moins graves ou aigus, c'est à dire allant de basse fréquences à hautes fréquences. Ces ondes sonores sont en rapport avec la taille du leurre. Certains leurres émettent plusieurs sons différents, étant dotés de plusieurs billes de tailles différentes. Le son se transmettant mieux dans l'eau que dans l'air ils permettent de rameuter les prédateurs éloignés. On privilégie généralement les hautes fréquences par eau calme, et les basses par mer agité (pour mieux se faire entendre au milieu du tumulte)


Billes hautes fréquences (son aigu)

Billes basses fréquence (son grave)

billes très basses fréquences (très grave)